Louis Hannibal Nez
Couverture originale · Archives familiales
Couverture originale · Archives familiales

Édition numérique de préservation

Sonnets à Loano

Sonetti a Loano · Sonetos a Loano

La mémoire poétique de Loano, de l’enfance et de l’émigration, par Marisa Bay : le texte italien original en regard d’une traduction française de sa version espagnole.

“Dedicati ai suoi bimbi: Quelli che furono, Quelli che sono, Quelli che saranno...”
« Dédiés à ses enfants : ceux qui furent, ceux qui sont, ceux qui seront... »

Original italien et traduction depuis l’espagnol

Le texte italien est reproduit en transcription diplomatique : graphies, signes, majuscules, coupures et anomalies de la source sont conservés. La traduction française est établie exclusivement à partir de la version espagnole publiée par Marisa Bay, y compris les épigraphes, les commentaires et les entrées espagnoles de l’index. Elle conserve les images, le sens et l’organisation des vers et des strophes, sans imposer de rimes nouvelles. Les originaux italien et espagnol restent accessibles dans leur édition de préservation. Les titres bibliographiques cités dans les commentaires et les entrées italiennes de l’index sont conservés dans leur langue d’origine. Les numéros renvoient aux pages de l’édition source ; les témoignages historiques ne sont pas harmonisés avec la biographie actuelle des archives.

33 poèmes en regard du texte italien
01

Ricordi, profumo del tempo...

Souvenirs, parfum du temps...

Original italien · Page de l’édition source 4

MEMORIA

"Come lontano è il mondo! E ridemi un giocondo cielo nel cuor profondo". (Da "Amore et silentio", di Adolfo de Bosis). Ha un cantuccio infantile la memoria che mi rende il recondito paesaggio quando ritorno, rifacendo il viaggio su quella cancellata traiettoria. Il mare sembra recitar la storia parlando con il suo fedel linguaggio e il monte protettor del mio lignaggio ancor mi offre piedestallo e gloria. Il cielo così azzurro, il campanario e quel portico stanco, centenario, pur la mano del nonno che mi guida... Non dire, viaggiatore, che è cambiato. Rispetta il mio ricordo tanto amato e lascia che il suo incanto ti sorrida.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 5

MÉMOIRE

« Il est des êtres qui s’arrêtent et embrassent leur temps il est l’ombre fine de celui qui n’a pas de demeure. » (Extrait d’« Imagen », d’Alvaro Escobar.) Le recoin enfantin de ma mémoire me rend le paysage enfoui quand je reviens, refaisant à rebours le voyage sur ce chemin qui s’est effacé. La mer semble réciter l’histoire, parlant toujours le même langage fidèle, et la montagne, autel de ma lignée, m’offre encore un piédestal et la gloire. Le ciel si bleu, le clocher, le porche fatigué, centenaire, la main de mon grand-père qui me guide... Ne me dis pas, voyageur, que tout a changé. Respecte ce souvenir qui m’est si cher et laisse son enchantement te sourire.
Original italien · Page de l’édition source 6

LA MEZZA LINGUA

"E sfido, in tutto pesca e tutto tocca." (Da "I bimbi" di Edmondo de Amicis). La mamma aveva della stoffa nuova sottile, vellutata o lucente in quel armadio chiuso. Impaziente io aspettavo l'ora della prova. La mia memoria cerca, ma non trova un ricordo più bello e innocente. È la scena per me così vivente che non mi scordo mai di quella roba. Io mi vedo allungando la manina e la mamma dicendo: "Non si tocca!" Sempre arrivava in tempo il ritornello. Era proprio un vestito da vetrina. "Ah...te pè! Ah...te pè!" Nella mia bocca questo voleva dire: "Ah...che bello!"
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 7

LANGAGE ENFANTIN

« L’essentiel est la survie du poète et de son âme d’enfant. » (Extrait de « Literatura infantil uruguaya », de Silvia Puentes de Oyenard.) Maman avait toujours du tissu neuf, tantôt fin, tantôt très doux et brillant, dans une armoire fermée. Impatiente, j’attendais l’heure de l’essayage. Ma mémoire a beau chercher, elle ne trouve nul souvenir plus beau ni plus innocent, et garde cette scène si vivante qu’en moi elle renaît bien souvent. Je tendais ma toute petite main. Ma mère me surveillait : « On ne touche pas ! » C’était là son refrain préféré. La robe était digne d’une vitrine. « Ah... te pé ! Ah... te pé ! » Dans ma bouche, cela voulait dire : « Ah... comme c’est joli ! »
Original italien · Page de l’édition source 8

IL PALLONCINO

"Mi piaciono i balocchi..." (Canzone infantile). Tutti gli anni a la fiera mi portava la mia mamma. Che chiasso! Quanta gente! La folla circolava allegramente e quella confusione m'incantava. Qua un contadino che vociferava: "Formaggi belli e buoni..!" Là, ridente, la fioraia che offriva amabilmente un mazzolin di rose che odorava. Le galline, le capre, gli asinelli erano la delizia dei monelli che cercavan di fare alcun dispetto. La mamma mi comprava un palloncino rosso e ritto. Legato al mio ditino la sera se ne andava con me a letto.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 9

PETIT BALLON

« Je voudrais, mon petit ballon, partir avec toi pour un petit voyage... » (Chanson d’école.) Une fois l’an, ma mère m’emmenait à la foire. Que de monde ! La foule allait joyeusement et toute cette agitation m’enchantait. Un paysan criait à pleine voix : « Fromage, fromage, le meilleur ! » Toujours souriante, la fleuriste nous offrait gentiment un petit bouquet qui parfumait l’air. Les poules, les chèvres, les ânons faisaient les délices des enfants qui, malicieux, les guettaient. Ma mère m’achetait un petit ballon, rouge, dressé bien haut ; attaché à mon petit doigt, le soir, il venait au lit avec moi.
Original italien · Page de l’édition source 10

MONTE CARMELO

"Ho perduto il mio galletto, larilà..." (Canzone infantile) Monte Carmelo. La Rosin che porta a passeggio la bimba, trova Pina e la chiacchera cresce e va in collina, il tema lungo, l'indulgenza corta. Il noioso discorso non importa agli uccelli, nemmeno a l'erba fina che dicono altre cose alla bambina. E in questo mondo lei rimane assorta. Ricama l'aria una sottil farfalla, va svolazzando bella, gialla, gialla. E la bimba la segue, innamorata... La Rosin torna, e piange: "O signora l'ho persa...io la cercai fin'ora...!" La mamma va, commossa e desolata. E trova la sua piccola tranquilla. "Non ho pianto", gli dice. Lassù brilla la prima stella che nel cielo è nata.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 11

MONTE CARMELO

« Ailes de soie aux couleurs magiques, les papillons ondulent au soleil. » (Chanson enfantine.) Monte Carmelo. Rosa promène la petite fille, rencontre Pina ; elles bavardent en gravissant la colline. Le sujet s’étire, la conversation désœuvrée. Leur bavardage ennuyeux n’intéresse ni les oiseaux ni l’herbe fine. Ils entourent la petite d’un monde qui parle d’autre chose. Le papillon jaune vole sur ses ailes brillantes. La fillette quitte le sentier familier. Rosa revient en pleurant : « Ah, madame, je l’ai perdue... je l’ai cherchée jusqu’à maintenant ! » La mère part, inquiète et affligée. Elle retrouve la petite toute tranquille. « Je n’ai pas pleuré », lui dit-elle. Sur elle veille une étoile à la lumière nouveau-née.
Original italien · Page de l’édition source 12

LA CUGINA

"...E spesso nella pace del mattino delle utili galline ode i richiami." (Da "Galline", di Giovanni Gaeta). Avevo il morbillo in piena estate. Il letto era una brutta penitenza. La mamma e la Rosin, santa pazienza! m'assistevano, sempre preoccupate. Lenzuole e coperte rincalzate mi facevano amara l'esistenza. Con la tisana calda, pure senza movimento...! Che forno! Che sudate! Un dì la mamma, alla mia cugina, gli disse: "Vuoi venire un momento? Devo uscire. Sorveglia a la piccina." E lei si mise, impeggiorando il caso, con una piuma, comico tormento! a farmi il solletico nel naso.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 13

COUSINE

« Petit grelot frais et joyeux. Rire d’argent, voix de cristal. » (Extrait de « Cascabelito », d’Adela Marziali.) J’avais la rougeole. En plein été, le lit était une horrible pénitence. Rosa et ma mère — ô sainte patience ! — me soignaient chaque jour avec tant de zèle. Je me sentais engloutie dans un marécage : les couvertures, les tisanes et les soins me rendaient l’existence amère. Je ne pouvais pas même bouger une main. Un jour, maman appela ma cousine. Elle accepta de me tenir compagnie sans protester, avec la plus grande diligence. Elle s’installa près de moi. En cachette, quel supplice comique ! Avec une plume, elle me chatouilla le nez.
Original italien · Page de l’édition source 14

IL TOPOLINO

"Ci vuole-le del miele-le pel mio topolino-no..." (Canzone infantile). Un giorno c'insegnò una signora un mucchio di cotone e topolini: gli occhi rossi, vivaci e piccolini. "Voglio uno per me", io dissi allora. Felice mi sentì. Ricordo ancora il volubile muso, i baffi fini, la lunga coda. Tutti i bambini stavan dietro di me: "Lo presti ora?" "Se me lo dai, ti do la bicicletta." "Tieni pure il cavallo e la trombetta." "Vuoi questa bambola tanto carina?" Il topolino bianco, che tesoro! Certamente valeva più che l'oro. Mi faceva sentire una regina.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 15

PETITE SOURIS

« Les jouets et les jeux qui font les enfants ne sont pas dans les jouets. » (Juan José Morosoli.) Un jour, une dame nous montra un fleuve de coton et de petites souris aux yeux rouges, minuscules. « J’en veux une », demandai-je. Cette heure fut heureuse pour moi. Je me souviens encore du petit nez mobile, des fines moustaches, de la longue queue. Et mes petits amis me suivaient : « Prête-la-moi maintenant. » « Si tu me la donnes, je te donne le vélo. » « Tiens, prends le cheval et la trompette. » « Tu veux cette poupée qui marche ? » La petite souris blanche, quel trésor ! Elle valait certainement plus que l’or. Je me sentais une véritable héroïne.
Original italien · Page de l’édition source 16

IL RAFFREDDORE

"Un mazzolin di fiori che vien dalla montagna..." (Canzone infantile) "Raffreddata!" diceva il nonno. "Andiamo". E faceva una smorfia al fazzoletto con cui soffiava il rosso mio nasetto. Alla mattina presto partivamo a buon passetto. "Ancora non ci siamo. La bocca chiusa!" Sotto il mio berretto io pensavo: "Ebben. È tutto detto." A poco: "Vieni qua. Vedi? Arriviamo. Non sdrucciolare.. Attenta! Su! Coraggio!" Il finocchio, la menta, il timo, saggio m'insegnava. Addio, raffreddore! La lucertola, ragni piccolini e quanti, quanti belli uccellini! La montagna era il cel. Che buon dottore!
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 17

RHUME

« Le val rit de rires glauques et stridents ; le ciel, blanc rire d’azur ; l’aurore rit de son rire frais... » (Extrait de « La casa de la montaña », de Julio Herrera y Reissig.) « Tu es enrhumée », me disait grand-père en essuyant mon petit nez rouge. Et nous partions de très bon matin, en faisant une grimace à son mouchoir. Il me semblait ne pas toucher terre. « D’un bon pas, et pas un seul petit mot ! » À cet ordre, sous mon petit bonnet, je pensais : « Très bien. Je serai un modèle. » Soudain : « Par ici, nous y voilà. Ne glisse pas. Attention ! Monte, allons ! » Et pendant que je jouais à ma guise, il cueillait de la menthe et du thym. Un petit oiseau chantait harmonieusement... La montagne était le ciel. Adieu, rhume !
Original italien · Page de l’édition source 18

CARNEVALE

"Canta, Pierrot, la più stolta canzone del cuore..." (Canzone) Carnevale a Loano. Le carrozze tutte piene di fiori per la via. Confetti e serpentine... Gioia mia! Si vedevano facce buffe e tozze, mascheroni colle testone rozze, pagliacci, orsi, zingare... Allegria! Un marchese che fa la cortesia, Pulcinella saltando finte pozze! C'ero anch'io in quella carovana a braccetto di una musulmana, e ci seguiva un biondo ragazzino. La sua maschera nera non copriva totalmente il suo viso. Ed io, giuliva: "Sei Carlo, travestito d'Arlecchino!"
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 19

CARNAVAL

« Je ne sais pourquoi me revient en mémoire le souvenir d’un petit garçon qui, imitant les hommes, monta pour m’offrir une fleur... » (Extrait d’« El dulce carnaval », de Josefina Lerena de Blixen.) Carnaval à Loano. Les voitures pleines de fleurs dans ma rue, confettis et serpentins à profusion. Masques avec leurs grimaces et leurs mines, grosses têtes, clowns, fées, pages, ours, gitans... quel joyeux vacarme ! Un marquis tout en courtoisie, Polichinelle et d’autres personnages. Moi aussi je suivais la caravane, au bras d’une petite fille musulmane. Derrière venait un petit garçon blond. Il portait un loup qui ne cachait pas entièrement son visage. Et je lui disais : « Carlos, tu t’es déguisé en Arlequin ! »
Original italien · Page de l’édition source 20

LA BRUCIATURA

"...ora dopo le sue cure, io sto peggio di prima." (Da "La vecchia e il medico", da "Favo- le esopiche"). Quel dì a tavola ero, sui ginocchi del nonno che mangiava la minestra. Ed a un tratto, un bel colpo di destra! Mi versai tutto in grembo. Nei miei occhi lacrime amare. Gridi. Nè balocchi, ne carezze... Era invàn. Per la finestra del dottore il mio pianto era una orchestra. Per me, eran tutti dei crudeli e sciocchi. Parlò un giorno alla mamma una vecchina: "Con queste cure soffre la bambina. Fa così:..." Vidi aperto il cielo azzurro! Guarì presto, senza esser più infelice, e soltanto restò la cicatrice... con le foglie di fave unte di burro!
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 21

BRÛLURE

« Chez l’enfant, tout est nouveauté, même la douleur fugitive. » (Extrait de « Chico Carlo », de Juana de Ibarbourou.) J’étais sur les genoux de mon grand-père, il prenait sa soupe sans se douter de rien. Et soudain, un coup de la main droite ! Je renversai l’assiette le plus simplement du monde. La joue inondée de larmes, inconsolable, j’étais bien mal en point. Le médecin s’exclamait : « Quelle moisson de larmes me donne cette petite ! » Un jour, une vieille dame dit à ma mère : « Ces soins font souffrir la fillette ; fais ainsi :... » Ma triste grimace s’effaça. Je guéris, et de mes heures malheureuses je ne garde plus que des cicatrices... avec des feuilles de fève enduites de beurre !
Original italien · Page de l’édition source 22

OLIO DI RICINO

"Le bugie, figlio mio, si conoscono subito, perché ce ne sono di due spe- cie: le bugie di gambe corte, e le bugie di naso lungo..." (Dal "Pinocchio" di Collodi). Iolanda era piccina e giocava a quello ch'io volevo. Un mattino la trovai sconvolta, il capo chino, piangendo. La sua mamma gli parlava. Diceva alla bambina: "Va, sei brava, apri la bocca come un uccellino". E a me: "Vero che è buono?" Il cucchiaino pieno d'olio di ricino gocciava. Iolanda, poverina, finì il pianto e poi mi guardò in faccia. Io, in tanto il minuto di dubbio trascorreva scappai. Come mai dire una bugia così sleale ad una amica mia che con fiducia ignara a me credeva?
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 23

HUILE DE RICIN

« Courons ! Il est temps de sortir jouer sous le ciel pur. » (Extrait de « Retozando », d’Ana Inés Escobar.) Yolanda était petite et jouait à tout ce que je voulais. Mais un jour, je la trouvai pleurant, révoltée. Impatiente, sa mère argumentait. Devant la pauvre enfant déjà dans un état si bouleversant, « C’est très bon, n’est-ce pas ? » me disait-elle en me montrant de l’huile de ricin. Yolanda cessa aussitôt de pleurer et me regarda en face. Moi, tandis que palpitait cette minute d’hésitation, je m’enfuis, et ma fuite était nécessaire. Comment trahir et tromper la fidèle petite amie qui se fiait à moi ?
Original italien · Page de l’édition source 24

LA BARCHETTA

"Al porto il batello... .................... Ombre di viaggiatori vanno per la Superba." (Da "Genova", di Dino Campana). Al cortile, suonata la campana turbolenti nei suoi grembiulini a giocare uscivano i bambini in una breve pausa quotidiana. Miraggio in vero di Fata Morgana sortivano da un sacco dei trenini, fantocci, cubi, pifferi, agnellini... A me piaceva la barchetta strana. Me la pigliavan sempre quei maschietti arditi naviganti, e costretti a salpare senza nemmeno un guazzo... Un giorno fui la prima. La barchetta abbracciai sul cuore, stretta, stretta. Poi, la diedi al più avido ragazzo.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 25

PETITE BARQUE

« Et la petite barque naviguait, heureuse, croyant qu’à sa blanche voile une fleur était attachée. » (Extrait de « Miniprosas », d’Alicia Alonso.) Dans la cour, au son de la cloche, turbulents dans leurs petits tabliers, les enfants sortaient en récréation, leur brève pause de chaque jour. Mirage devenu vrai de la fée Morgane, du sac sortaient les petits trains, les cubes, les agneaux, les autos, les petits clowns... et une petite barque gracieuse et légère. Les garçons s’en emparaient toujours, navigateurs chargés de rêves, sans même une flaque ou un ruisseau. Un jour, j’arrivai la première. Dans mon droit, je serrai la petite barque contre mon cœur... Puis je la donnai au garçon le plus avide.
Original italien · Page de l’édition source 26

MONTEVIDEO

"Tutte le stelle, già dell'altro polo vedea la notte". (Dalla Divina Commedia del Dante). Notte sul mare. Qualche vaga stella. Il piroscafo fende con la chiglia l'onda ch'esita, tace, poi bisbiglia e contro i fianchi arditi si sfracella. Or si vislumbra la città novella. Dorme sotto una lattea soppracciglia. Nell'acqua si rispecchia a meraviglia la sua collana luccicante e bella. Il palpebrare di un fanale rosso ci spiega: "Io ricevervi non posso. Seguite". Come un occhio di Proteo che la sirena desta penetrante parla il faro dal colle lampeggiante: "Siete arrivati a Montevideo".
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 27

MONTEVIDEO

« Tu vas traverser le Plata. Quand tu verras, à la lisière bleue de l’horizon, la tête d’un mont surgir dans la mer... » (Extrait de « Desconsuelo », de Juan Carlos Gómez.) Nuit sur la mer. Quelques étoiles éparses. Le navire enfonce doucement sa quille dans l’onde qui hésite, qui murmure, puis se rue aussitôt contre ses flancs. On devine la ville. Mais elle dort sous un pur sourcil blanc. Dans l’eau se reflète la beauté de son diadème de lumières scintillantes. Un fanal clignote d’un éclat rouge qui semble dire : « Je ne vous accueille pas. Allons, poursuivez. » Tel un œil de Protée qu’avive le cri perçant de la sirène, le phare du Cerro dit : « En avant. Vous êtes arrivés à Montevideo. »
Original italien · Page de l’édition source 28

J

"ojo o-jo" (Prima parola per imparare a leggere nell'Uruguay, del Libro di lettura "¿Quieres leer?" de José Henriques Figueira) Sapevo leggere tutto il Pinocchio nella lingua nativa. E alla scuola dell'America la lingua spagnola provavo di parlar, come un ranocchio. "Io so tutto", gli dissi a un marmocchio il primo giorno. "Vedrai che da sola leggerò". Ma, appunto, una parola la maestra mi porse: "Leggi". Un occhio vidi dipinto, e sotto, belle impresse due O, e nel mezzo, cosa? Chi sapesse! Una I lunga con un'asola in giù! Muta io restai. Geroglifico dannato! O lingua di Cervantes! Disperato il mio ingegno chiedeva: "Chi m'aiuta?"
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 29

J

« Onzième lettre de l’alphabet espagnol et huitième de ses consonnes. Son nom est jota et son son consiste en une forte aspiration. » (Extrait du Diccionario Enciclopédico Sopena.) Je lisais toute l’histoire de Pinocchio en langue italienne. Et à l’école d’Amérique, petite fille, je m’essayais à l’espagnol, d’un accent incertain. « Je sais lire, tu verras que je ne mens pas », dis-je à un garçon d’un air protecteur. Mais je n’avais pas prévu le piège. « Lis », me dit aussitôt la maîtresse. Je vis un œil dessiné. À côté, deux O, et au milieu, quoi ? Qui l’aurait su ! Un grand I avec une boutonnière ! Et muette, je restai. Hiéroglyphe malfaisant ! Ô langue de Cervantès ! Dans son angoisse, mon intelligence criait : « Qui m’aidera ? »
02

Nostalgia, sospiro dell'alma...

Nostalgie, soupir de l’âme...

Original italien · Page de l’édition source 32

LA CARTOLINA

"Riviera di Ponente. Stabilimento di bagno LIDO. Loano. 1924. (Dal rovescio di una cartolina). In questa cartolina già sfumata azzurra e bianca che conservo ancora vedo una spiaggia che il mio cuor colora con la luce più viva e più dorata. Sulla sabbia dal mare carezzata stanno sedute al sole una signora e una bimba, tramonto e aurora della vita, che è solo una giornata. La bambina son io, e la donna è Caterina, la mia cara nonna, fra tutta quella gente, la più bella. In mezzo a tante cartoline nuove io preferisco questa, perché dove trovar un'altra scena come quella?
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 33

CARTE POSTALE

« Deux mains posées sur deux cordes distinctes qui, en vibrant, unissent la musique infinie de la harpe suspendue entre le ciel et la mer. » (Extrait de « Balada de dos remos », de Regina Sasson.) Sur la vieille carte postale déjà effacée, bleue et blanche, que je contemple maintenant, il est une plage que mon amour colore de la lumière la plus belle et la plus dorée. Au bord de la mer, sous le soleil d’été, une dame est assise avec une enfant, crépuscule et aurore de la vie, qui n’est qu’une journée. La petite, c’est moi, qui joue ; et elle, ma grand-mère Catalina, la plus belle de toutes les personnes sur l’image. De toutes les cartes postales que j’aime, c’est celle qui m’est la plus chère. Je la préfère, et la voir me remplit de tendresse.
Original italien · Page de l’édition source 34

IL BABBO

"Quando mi destai, vidi mio padre seduto dall'altra parte del foco- lare..." (Da "Le voglie di Nero", di Renato Fucini). Perché mi fu negata la presenza del mio papà ad una età precoce non udivo nemmeno la sua voce ne sapevo spiegarmi la sua assenza. E così son cresciuta sempre senza il vezzo di quel babbo che la foce della vita crudele e veloce mi tolse per mostrar la sua inclemenza. Se arrivo fino al fondo del mio cuore io sento le sue braccia, il suo amore... Che non si spenga mai questa fiamma! Se acarrezzo una lettera appassita, un suo ritratto antico, le mie dita bacia un mesto sospiro della mamma.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 35

PÈRE

« Était-ce dans un cadre d’illusion, dans le profond miroir du désir, ou fut-ce, divinement, tout simplement dans la vie, que je te vis veiller sur mon sommeil l’autre nuit ? » (Extrait de « Visión », de Delmira Agustini.) Parce que la présence de mon père me fut refusée dès mon plus jeune âge, je n’entendais pas sa voix, même lointaine, et ne savais bien m’expliquer son absence. Je grandis sans sa bienfaisante influence, sans son baiser joyeux du matin. La vie me l’enleva, dans sa hâte insensée de me montrer son inclémence. Je cherche en moi, et parfois je vois que je suis dans ses bras. Mon désir est que me revienne le souvenir de mon père. Si je caresse une lettre déjà fanée ou son portrait, un soupir de ma mère dépose un baiser sur ma main.
Original italien · Page de l’édition source 36

MAMMA

"E tra l'eco dei trilli dei bimbi in corsa mi stringeva la mano calda d'amore". (Da "Mamma ti voglio bene", di Giacomo Bardesono). Mamma, tue eri sempre sola... Io quando ero bambina non m'accorsi delle tue sofferenze. Poi ti porsi il più diletto amor con il cesio di sentirti vicina al cuore mio. Mamma, io non avevo altri ricorsi. Soltanto al ricordar successi scorsi della mia prima età, tolti all'oblio si svegliò il tuo sorriso. Quel incanto di tante confidenze, e il tuo canto pieno di nostalgia mi lasciasti. Voglia il Ciel col potere suo profondo che tu, giovane ancor lasciando il mondo abbi trovato quel che tanto amasti!
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 37

MÈRE

« ... Et bien que ta bouche aimable sourît, dans tes yeux je te trouvais toujours triste. » (Extrait de « Presentimientos », d’Ovidio Frenández Ríos.) Mère, tu étais toujours seule... J’étais une enfant innocente. Je ne savais rien de ta cruelle souffrance. Le jour vint où, dans mon amour, je cherchai à ma manière, pour soulager ta peine si profonde, des moyens de te donner de la joie. Le seul souvenir de mon enfance et des événements de mes premières années fit fleurir ton sourire. Cet enchantement de tant de confidences, et ton chant si plein de nostalgie, tu me les as laissés. Puisse le Ciel, dans sa puissance profonde, faire que toi, encore jeune en quittant ce monde, tu aies retrouvé celui que tu as tant aimé !
Original italien · Page de l’édition source 38

MARULLA

"Luna cara, luna bella..." (Da "Dialogo del bimbo e della luna" di Angelo Silvio Novaro). Stasera luna, la tua faccia tonda pare la bambola di bianco panno che per un mio lontano compleanno feci la mamma, umile eppur bionda. Ricamò la pupilla blu, rotonda. E nella bocca stretta, un disinganno sembrava d'impedire con affanno qualche parola semplice e profonda. Sulla guancia più gonfia ch'io voleva fossi simile all'altra, riceveva baci spessi. Il suo nome era Marulla. Oggi, luna, nel mesto tuo candore mi dice il suggestivo tuo pallore: "Non creder che di lei non c'è più nulla".
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 39

MARULA

« Lune, lune, lune, regarde notre ronde, blanche comme toi, comme toi toute ronde. Dis, petite Lune, as-tu une maman ? » (Extrait de « La ronda de la luna », de Gastón Figueira.) Lune, ce soir, avec ton visage nu, tu sembles faite de toile blanche, comme la poupée que jadis ma mère fit pour moi, toute simple et blonde. Elle lui broda une pupille ronde et bleue. Et sur la bouche, une moue grave et étrange. Une parole simple et un peu sentencieuse semblait prévenir la désillusion. Je couvrais de baisers sa joue la plus gonflée pour voir si elle deviendrait pareille à l’autre. Elle s’appelait Marula et elle était belle. Ce soir, lune, dans ta candeur et ton éclat, ta blancheur me dit, suggestive : « Ne crois pas qu’il ne reste plus rien d’elle. »
03

Rimpianto, lacrima del cuore...

Regret, larme du cœur...

Original italien · Page de l’édition source 42

IL CILIEGIO

"Nel bel tempo delle cigliege primavera del mio bambino..." (Canzone infantile) Ride la primavera. Una bambina sotto l'albero gioca e la nevata dei petali continua e profumata le cade sulle spalle e la testina. Spunta l'estate. Il ciliegio inchina la sua fresca fronda caricata di dolce frutto. L'ombra incantata avvolge con amore alla piccina. L'autunno viene. Non arriva invano. Cadon le foglie. Se ne va lontano la fanciulla con l'animo giocondo. E l'autunno durò tutta la vita... Qui non ci son ciliegi. È smarrita quella bimba, oggi donna, per il mondo.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 43

CERISIER

« Aimer l’arbre, c’est comprendre la vie. » (Extrait de « Plegarias », de Constancio C. Vigil.) Le printemps rit. Une petite fille joue sous l’arbre, et la neige continue et parfumée des pétales tombe sur sa tendre petite tête. Avec l’été, le cerisier agite dans sa cime feuillue bien chargée son doux fruit. Sous l’ombre enchantée et vaste, la fillette s’ébat. L’automne vient, et ce n’est pas en vain. Les feuilles tombent. Vers un pays lointain, l’enfant emporte son cœur fécond. L’automne a duré toute la vie... Ici, il n’y a pas de cerisiers. Et perdue, cette enfant, aujourd’hui femme, erre par le monde.
Original italien · Page de l’édition source 44

LA CROCE DEL SUD

"Tramontano le stelle in mezzo al mare e si spengono i canti entro il mio cuore" (Da "Uno stornello", di Giosuè Carducci). Or la Croce del Sud è la mia croce. È scuro, non sorride, questo mare. Il piano dell'intorno al cor mi pare sotto un cielo svanito, senza voce. Il tempo scorre. Brivido veloce tra i secoli è la vita che scompare appena l'anima che vuol sognare cerca fuggir dal suo destino atroce. Prego alla notte invàn. Quaggiù non brilla quella Stella Polare che scintilla oltre oceano, luminosa e pura. Cerco quel canto della capinera cinguettando per me mattina e sera ma non c'è nella mia crudel sventura.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 45

CROIX DU SUD

« Il est des jours de tristesse sans objet et des larmes sans cause, car le mal que l’on souffre est le secret mal de la vie, sans fin ni trêve. » (Extrait de « Hay días... », de Luisa Luisi.) Aujourd’hui, la Croix du Sud est ma croix. Renfrognée, la mer froide et grise me fait frissonner. La plaine alentour me paraît, sous un ciel pâle, triste et muette. Le temps passe. Tel un rude éclair au travers des siècles, l’être disparaît à peine un rêve grandit-il dans son âme pour le soulager d’un destin cruel. En vain, je prie la nuit. Il ne scintille pas, augural, cet éclat de l’étoile Polaire qui brille, pure, dans un autre espace. Je cherche le moineau à la petite tête noire qui chantait pour moi. Mais sa voix ne réjouit pas ma cruelle et amère infortune.
Original italien · Page de l’édition source 46

LA CONCHIGLIA

"Tace così, nella riviera, accanto all'onda una conchiglia marina..." (Da "Il fuoco", di Gabriello D'Annunzio). Questa conchiglia parla. Non è muta, mormora con la sua gola marina. La portai con me essendo bambina quando la bella spiaggia fu perduta. "Perché mi sento triste e sperduta?" le chiesi carezzando, una mattina, la sua tersa forma porporina, liscia, compatta. E mi rispose arguta: "Impara tu, guardando la mia spira che la vita così scorre e aggira e non ti devi mai lamentare. Nascondi tutta impronta. E se ti calma, metti all'orecchio la mia bocca". E l'alma mi sollevò il rumore del mio mare.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 47

CONQUE

« J’ai émigré vers le sud pour faire mes poèmes près de la mer aux fleurs de soufre sur les brisants. » (Extrait d’« Este y sur », de Juana de Ibarbourou.) La conque parle. Elle n’est pas muette. Sa gorge nacrée murmure. Je l’ai emportée quand, en partant, je laissais une plage sans moi, seule et nue. « Pourquoi mes peines et mon doute font-ils mal ? » lui demandai-je un jour, découragée, en caressant sa forme. Murmurée, la réponse aiguë me parvint aussitôt : « Prends exemple sur moi. Comme ma spirale, ainsi la vie s’écoule et ainsi elle tourne. Tu ne dois pas te lamenter. C’est en vain. Cache ton intimité. Si cela t’apaise, porte ma bouche à ton oreille. » Et ainsi l’âme s’apaisa en écoutant la mer lointaine.
Original italien · Page de l’édition source 48

LOANO

"Chi può amar la propria patria più di colui che n'è stato lontano?" (Da "Non è ver che sia la morte", di Giovanni Mosca). Or mi chiami, paese di speranza quello che abbandonai tempo lontano. Bella città remota! O Loano! Come cara ti fai nella distanza! Vitupero l'ingrata circostanza in cui fa tanti anni, alla mano della mamma, dal tuo meridiano io partì verso il sud su triste istanza. A quasi mezzo secolo d'esilio sogno i tuoi monti. Se mi reconcilio con questo mio rimpianto è che la soglia del tuo mare mi aspetta e mi conforta. È la tua terra seppia, quando morta quella ch'io vorrei sulla mia spoglia.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 49

LOANO

« Comment revenir à toi, comment à ta grâce, si, en pétrissant mon pain, j’ai perdu ton blé ? » (Extrait de « Cómo volver a ti », d’Humberto Zarrilli.) Aujourd’hui tu m’appelles, pays de mon espérance, que j’ai quitté en un temps déjà lointain. Belle ville éloignée ! Ô Loano, plus chère que jamais dans la distance ! Je maudis la circonstance ingrate où, voici bien des années, tenant la main de ma mère, je quittai ton méridien pour le sud, en un triste moment. Après presque un demi-siècle d’exil, je rêve de tes monts. Si je me réconcilie avec mon regret, c’est que mes yeux voient ton seuil près de la mer, rivage ouvert. Je veux, quand je serai morte, ta terre sépia, pour recouvrir pieusement ma dépouille.
Original italien · Page de l’édition source 50

LA PATRIA

"Benché di senso privo fin l'arboscello è grato a quell'amico rivo di cui riceve amor". (Da "L'isola disabitata", di Pietro Metastasio) Non voglio che nessuno pensi mai in questa terra che mi accolse un giorno che non aprezza l'alma mia il soggiorno che nobile mi presta l'Uruguay. Sono cresciuta lieta, senza guai. Vissi di poesia. Ebbi attorno tanti bambini di tutto il contorno ai quali ho dato il cuor, perché gli amai. Nella delizia della mia famiglia, nell'amore dei figli e della figlia ho trovato la più cara dolcezza. Ma al colpo del dolor, la vita mia ascoltando una vecchia nostalgia dell'Italia richiede una carezza.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 51

PATRIE

« Qu’est-ce que la patrie, ce nom mystérieux qui sans cesse vient à nos lèvres... » (Extrait de « La patria », d’Aurelio Berro.) Je ne veux pas que quiconque puisse croire que mon âme abrite de l’ingratitude envers le noble Uruguay qui, depuis le jour où j’ai franchi son seuil, m’accueille avec bonté. Ici j’ai grandi sans peine, et le cœur que j’ai donné avec joie s’entrelace aux enfants que j’ai aimés. Que la poésie qu’ils m’ont inspirée intercède aujourd’hui pour moi. J’ai trouvé dans l’amour de ma famille la foi qui réconcilie avec la vie, récompensant la patience et les veilles. Mais la douleur m’a frappée. Et moi, sans plainte, obéissant à une ancienne nostalgie, je demande à l’Italie de m’offrir son réconfort.
04

Ritorno, carezza della vita...

Retour, caresse de la vie...

Original italien · Page de l’édition source 54

MARE NOSTRUM

"Il mare in certi giorni è un giardino fiorito..." (Da "Liguria", di Lorenzo Cardarelli). Mare Nostrum, saluto le tue onde commosso, tutto fremito il mio cuore. Le vedo con lo sguardo pien d'amore azzurre più del cielo e più profonde. Un susurro segreto mi risponde dalla tua inmensità. Tu, che quell'ore più serene hai provato, che al dolore insegui e premi, fin che si nasconde. Torno a te in questo dì. Nella Riviera di Ponente che baci giorno e sera non troverò l'impronta del mio passo. Ma tu, che tante cose porti via fammi sentir la lieta voce mia vincendo la tempesta ed il fracasso!
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 55

MARE NOSTRUM

« Mais derrière elle s’étend la mer, la mer immense ; et plus profonde, plus profonde, la mer immense encore... » (Extrait d’« El barco que parte », de José Enrique Rodó.) Mare Nostrum, je salue tes vagues, attendant ton accueil généreux. Sur elles je vais poser mon regard, plus bleues que le ciel et plus profondes encore. Que tes voix secrètes me répondent depuis ton immensité, voilà ce que je désire. Que tu gardes mon heure la plus sereine et caches fidèlement la plus amère. Je reviens à toi. Je sais bien que sur la Riviera du Ponant, je ne trouverai plus la file d’empreintes qu’autrefois marquèrent mes pas, toi qui emportes tout dans tes profondeurs, fais que j’entende de nouveau ma voix assurée vaincre la bourrasque et l’échec !
Original italien · Page de l’édition source 56

LA ZIA NORMA

"Or la men verde età nulla a te toglie..." (Da "Alla duchessa di Urbino", di Torqua- to Tasso). Aveva gli occhi bruni la mia zia e la voce profonda, chiara e bella. Elegante, graziosa, fina, snella, Tutte l'estate era a casa mia. Portava dolci. Era un'allegria: "Zia, zia, a me la caramella...!" Ah, che epoca lieta che era quella! Il tempo più crudel la porto via. Ma vive il suo fascino e perdura. Torno a vederla, perché quelle mura della distanza vinco in questo giorno. Mi aspetta con il dolce suo sorriso, la luce dell'amore sul bel viso. Con un bacio mi dice: "Buon ritorno!"
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 57

TANTE NORMA

« Et l’on ne sait de quels blés mystérieux naissent les épis du temps... » (Extrait de « Los molinos de viento », de Carlos Sabat Ercasty.) Elle avait un regard profond, une voix sonore et affectueuse. Élégante, vive et délicate, elle arrivait au plus beau jour de l’été. Elle apportait des douceurs pour ma joie. « Tante, tante, pour moi ! » suppliais-je, impatiente. Quelle époque heureuse et précieuse ! Le temps l’a plongée dans le lointain. Mais son charme vit et demeure. Aujourd’hui je la revois, car l’épaisseur de la distance, mon retour l’a franchie. Elle m’attend aussi souriante qu’autrefois, et me voyant, de sa voix enchanteresse, elle me dit : « Bon retour ! » avec un baiser.
Original italien · Page de l’édition source 58

IL NONNO

"...E tu verrai a cercar la mia croce in camposanto..." (Da "Quando cadran le foglie", di Olindo Guerrini). "Non ti vedrò mai più", mormora quando sente quel suono rauco di sirena nell'aria infranta e vede la catena dell'ancora già tesa. Aspettando che il piroscafo parta, sopportando il battere del tempo ad ogni vena, sente il nonno nel cuore quella pena che annebbia gli occhi, l'alma tormentando. Se ne va la fanciulla al Nuovo Mondo ove arriva con l'animo giocondo. Cammina per la vita a passi audaci. Il tempo tutto abatte, anche all'ontano. "Nonno, nel cimitero di Loano la tua tomba ricopro oggi di baci".
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 59

GRAND-PÈRE

« Déjà tu t’éloignes et tu changes mon temps en vastes solitudes. » (Extrait d’« A una flor », d’Esther de Cáceres.) « Je ne te verrai plus », murmure-t-il quand il entend le son rauque de la sirène et voit que déjà la chaîne de l’ancre est tendue. Et il reste à attendre le départ du navire, seul, supportant le battement du temps dans chaque veine, le cœur plongé dans cette peine qui fait pleurer et tourmente l’âme. Et l’enfant part pour le Nouveau Monde. Elle arrive joyeuse et commence son fécond chemin à travers la vie et ses événements. Le temps abat l’orme. Ce vieil homme dort au cimetière de Loano, et aujourd’hui je couvre sa tombe de mes baisers.
Original italien · Page de l’édition source 60

A PIAZZA MASSENA 16

"Vacue camere onde il passo sveglia insoliti ribombi..." (Da "Sgombero", di Francesco Gaeta). Di fronte a questa soglia che fanciulla mi vide ridere e giocar felice sento una voce intima che dice: "Sei qua. Che fai? Non gli dirai tu nulla?" "Apriti!" esclamo. "Forse si trastulla una bambina qui". Senza vernice "No!", fa la porta chiusa. "Ah! Infelice non mi rendere! Insegnami la culla, il seggiolone dove l'ocarina suona il nonno per la sua nipotina". Risponde il vuoto: "È tutto ormai passato". "Il caminetto in cui la Befana lascia i giocattoli vero?" ... Ma è vana l'invocazione: "Ahimè, destino ingrato!"
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 61

PLACE MASSENA, 16

« Malheur à moi si l’on me refusait son doux seuil. » (Extrait de « Noticias humanas », d’Alda Simón.) Devant ce seuil qui, lorsque j’étais petite, protégeait mes innocentes espiègleries, j’entends une voix secrète qui murmure : « Ne demanderas-tu rien ? Cherche un signe. » « Ouvre-toi ! » m’écrié-je. « Peut-être qu’une enfant heureuse est ta maîtresse. » Déjà sans peinture, la porte me répond : « L’enfant qui est née ici est partie. » « Montre son berceau, le fauteuil du grand-père, l’ocarina dont le chant fascine sa petite-fille. » Le vide, dans sa réserve, ne répond pas. « Pourrai-je voir la cheminée où la Befana dépose des jouets ? »... Mais vaine est la supplique. Ah, destin ingrat !
Original italien · Page de l’édition source 62

TORRE DI PASSORINO

"Ma la stagione e l'ora men gradita col membrar de' dolci anni e de li amari a parlar teco con pietà m'invita". (Del Canzoniere di Francesco Petrarca) Torre di Passorino, nella via che sempre ricorrevo allegra, lieta, agili i miei piedini, l'alma queta, leggera, sempre piena d'armonia. In questo tempo una felice mia occasione mi premia. Sulla seta del cielo diafano il mio cor poeta contempla la sua propria fantasia. Se tutte le mattine mi ridesta la tua campana con il suon di festa mi sembra d'esser bimba come allora. Non mi par vero. "Questo è un sogno", dico. Il tuo orologio ride. Vecchio amico, mi risponde: "Sei tu? Era già l'ora!"
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 63

TOUR DE PASSORINO

« Et c’est un doux miracle que de se savoir comprise quand on est née pour déconcerter. » (Extrait d’une lettre de Delmira Agustini.) Tour de Passorino, toi qui jadis encadras une enfance jamais oubliée. Tu me vis joyeuse, tendre, paisible, espiègle, toujours pleine d’harmonie. En ce temps, une heureuse circonstance, toute mienne, me ramène jusqu’à ton arcade. Contre le ciel tu te dresses, éclairée par la lumière de ma propre imagination. Quand chaque matin m’éveille ta cloche à la voix libre et claire, je crois être encore l’enfant que j’étais autrefois. Cela ne semble pas vrai. « Je rêve », dis-je. Mais ton horloge rit. Vieille amie, elle me répond : « C’est toi ? Il était temps ! »
Original italien · Page de l’édition source 64

IL DIALETTO

"Fagioei, fagioei, se diventassen miei fioei..." (Da "Pirimpimpin", racconto). In casa si parlava l'italiano, anche questo imparavo alla scuola. Mamma voleva che la sua figliola sapesse il più bel dire. Ma che vana l'intenzione! Si può essere strana, presuntuosa, distinta, sempre sola, tra lieta fanciullezza che va e vola per la strada, la piazza, la fontana...? Quel gergo indiavolato m'accerchiava. Veniva dallo scherzo, dalla fiaba, pur dal indovinello, anche dal gioco. Son tornata a Loano. Benedetto l'accento singolar del mio dialetto che il cuor intiepidisce come il fuoco!
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 65

DIALECTE

« Pour l’âme de l’enfant, la tendresse est autant dans la chaleur du giron que dans la voix qui lui raconte des contes de fées. » (Extrait d’« El camino de Paros », de José Enrique Rodó.) À la maison, nous parlions italien, et à l’école aussi je l’apprenais. Maman voulait que je m’exprime bien. Et pourtant, cette intention devenait vaine quand, de la fenêtre, dans la rue, sur la place, on entendait une façon de parler absente des classes, celle de la vie quotidienne. Le parler endiablé de cette langue venait des contes et des plaisanteries, des devinettes et du jeu. Aujourd’hui je suis revenue à Loano. Sois béni, dialecte singulier ! Tu n’es pas écrit et tu réchauffes le cœur de ton feu !
Original italien · Page de l’édition source 66

FRÀ MARCELLINO

"Dovunque il sguardo giro immenso Dio, ti vedo, nell'opre tue t'ammiro, ti riconosco in me". (Da "La passione di Gesù Cristo", di Pietro Metastasio). Nella piccola chiessa prega Frà Marcellino assorto, inginocchiato sul pavimento nudo, lontano il suo pensiero da questo mondo crudo. E sembra illuminato per un soffio divino. Umile il cuore sotto l'abito cappuccino, nella sua fronte libera nessun pensiero rudo, sono le mani unite il suo invitto scudo la mente il suo baluardo,l'amore il suo giardino. Nella penombra lieve, così,tenue, soave, la preghiera fiorisce, empie tutta la nave. Fuori risplende il sole e cantano gli uccelli. Frà Marcellino ascolta. Addolcisse il suo viso. Lascia posar sul labbro un tiepido sorriso e leggero cammina verso i suoi poverelli.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 67

FRÈRE MARCELINO

« Si Tu es là, dans l’obscurité, Seigneur sans visage et sans trêve... » (Extrait de « Plegaria », de Sara de Ibáñez.) Dans la petite église prie frère Marcelino, absorbé, à genoux sur le sol nu, sa pensée loin de ce monde cruel. Il semble éclairé d’un souffle divin. Le cœur humble, vêtu de bure capucine, sous son front libre, pas une pensée rude, ses mains jointes sont son bouclier indomptable, son esprit son rempart, l’amour son chemin. Dans la pénombre légère, si sereine et si douce, la prière fleurit, remplit toute la nef. Dehors brille le soleil, chantent les petits oiseaux. Frère Marcelino écoute. Adoucissant son visage, il laisse errer sur ses lèvres un sourire clair et rejoint d’un pas léger ses pauvres gens.
Original italien · Page de l’édition source 68

LUNGO MARE

"Lenta e rosata sale su dal mare la sera di Liguria". (Da "Poesie", di Vicenzo Cardarelli). Lungo mare alla sera. Che poesia mentre si aspetta il chiaro della luna! Il rumore dell'onda canta una nenia senza parole, solo mia. C'è uno scorcio bagnato in fantasia nelle palme di lungo stelo. Bruna, s'ingioiella la notte. Che fortuna negli astri che riflessano armonia! Sento, passando per qualche portone che sospira nell'aria una canzone e l'eco d'un estinto mandolino. Una stella filante cade al mare. e io penso, al tempo che scompare che la ritroverò sotto il cuscino.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 69

AU BORD DE LA MER

« ... jusqu’à voir flotter mon image dans une eau de miroirs, pour écouter ainsi, émerveillé, les musiques primitives des échos. » (Extrait d’« El grito », d’Emilio Oribe.) Au bord de la mer, le soir tombe. Quelle poésie, dans l’attente du clair de lune ! Le murmure des vagues chante une complainte qui me semble n’être qu’à moi. Une perspective baignée de fantaisie parmi les palmiers aux longues tiges. Brune, la nuit déjà se pare de joyaux. Quel bonheur dans les astres qui versent l’harmonie ! Dans le soupir d’une vieille porte, on entend une chanson à la voix incertaine et le son d’une mandoline défaillante. Une étoile tombe à la mer. Et il me semble, tandis qu’elle disparaît, fugitive, que je la retrouverai sous l’oreiller.
Original italien · Page de l’édition source 70

NANNI

"La verginella é simile alla rosa..." (Dal "Orlando furioso" di Ludovico Ariosto). Ho portato la figlia mia a Loano. Lei si sentì toccata dal suo amore e la sua giovinezza, come un fiore vedo sbocciar mentre mi da la mano. Ah, quante passeggiate piano piano per tanti luoghi amati dal mio cuore! Quante sere incantate, quante aurore vissute sotto il bel cielo italiano! Pronunzia gaiamente la natia lingua che cura della nostalgia, il più dolce fra tutti i suoni umani. E mentre va per chiese e palazzi fascinati le dicono i ragazzi: "Bella, bellina degli occhi strani."
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 71

NANI

« Chemin de pierre, lointain et ami. Quand j’étais enfant, je courais avec toi. » (Extrait de « Caminito de Piedra », de Kitita Guerendiain.) J’ai emmené avec moi à Loano ma fille, qui en ressent la tendresse. Sa jeunesse joyeuse et sa beauté, je les vois grandir tandis qu’elle me donne la main. Que d’échos s’éveillent quand je relie les chemins qui me parlent avec douceur, au fil de crépuscules chargés de bonheur, vécus sous le ciel italien ! Elle prononce avec plaisir la belle langue qui, lorsqu’elle affleure à ses lèvres, semble apaiser les cœurs angoissés. Elle suscite l’admiration, et de quelle manière ! Les jeunes gens murmurent près d’elle : « Belle enfant, aux yeux en amande. »
05

Speranza, sorriso dell'avvenire...

Espérance, sourire de l’avenir...

Original italien · Page de l’édition source 74

CHIESA DI SAN GIOVANNI BATTISTA

21-2-1633- Benedizione della prima pietra. 28-3-1638- Benedizione della nuova Chiesa. 14-9-1662- Solenne consacrazione. (Dal facsimile del documento della consacrazione). San Giovanni Battista, chiesa mia... Che il Santo Battesimo mi diede mi basta ricordar perché la fede che fu perduta ritornata sia. La sua cupola ampia, per la via che nella terra il cielo da al mio piede mi copre ancora. Quindi, tutto vede e sa quello che l'anima desia. Vorrei conoscere il suo arcano: Potrò un giorno fermarmi qui a Loano per trovar sempre il suo conforto pio? Non mi dirà: "Lasciate ogni speranza". Nel suo altar, oltre il tempo e la distanza "... Liberaci dal male", prego a Iddio.
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 75

ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE

« Il faut chercher les essences éternelles de l’être en Dieu ; les hommes sont des vers... » (Angel Falco.) Saint-Jean-Baptiste, ma chère église... Je me souviens que tu m’as donné le Saint Baptême, et la foi que tu m’as offerte renaît et grandit en ce jour. Sur le chemin où le Ciel guide mes pas sur terre, ton vaste dôme me protège encore ; et si je le méritais, il m’accorderait ce que désire l’âme. Comme je voudrais connaître ton secret ! Aurai-je un jour, ici, à Loano, ta grâce permanente, ta paix ? Tu ne me diras pas : « Abandonnez toute espérance. » À ton autel, hors du temps et de la distance, ... « Et délivre-nous du mal », je le demande à Dieu.
Original italien · Page de l’édition source 76

ARRIVEDERCI...!

"Tu lascerai ogni cosa diletta più caramente..." (Dalla "Divina Commedia" del Dante). ... Però devo lasciarti, bel paese dove trovai quel primo mio respiro. Lascio nell'aria il languido sospiro che alla partenza l'anima distese. Ma non ti dirò addio, no. Loanese sarò tutta la vita. Certo, miro allontanarsi il tuo paesaggio e giro lo sguardo nel confino che ti prese e seco ti ritiene. Però adesso porto con me, di questo tuo riflesso l'immagine d'un sogno che non more. E so che tornerò. Nella frontiera ti dico con la voce più sincera: "Arrivederci...! Ti confido il core!"
Traduction française depuis l’espagnol · Page de l’édition source 77

À BIENTÔT... !

« Tu étais de pluie dans le peuplier lointain. De pluie qui s’en est allée sur les quais roses du soir... » (Extrait d’« Eras de lluvia », de Julio J. Casal.) ... Et pourtant il me faut te quitter, terre où j’ai exhalé mon premier souffle. Un soupir languissant que je laisse au vent en partant cherche à te caresser. Mais je ne te dis pas adieu. Je suis de toi. Tandis que je m’éloigne, je tente avec ferveur de graver ton paysage en moi, et je sens que tu es un rêve et qu’il est beau de t’aimer. Et si je repars très loin, une fois encore, ces derniers reflets que tu m’offres revivront en moi. J’affronte mon destin. Je sais que je reviendrai. À la frontière, je te dis d’une voix chaleureuse et sincère : « Je te laisse mon cœur ! À bientôt... ! »

79—82

Commentaires de l’édition

Page de l’édition source 79
COMMENTAIRES

Le parcours professionnel et littéraire de l’autrice,
par son ampleur, ne peut être retracé ici.
Nous préférons reproduire le texte que lui consacre
la docteure Silvia Puentes de Oyenard dans son
anthologie « Literatura Infantil Uruguaya », éd.
Garcín, 1982, où sont mentionnées les réalisations
qui ont eu le plus de retentissement dans l’éducation et les lettres :

« MARISA BAY (Loano, province de Savone, Italie, 1922)
réside depuis ses cinq premières années en Uruguay, pays
où elle a déployé une intense activité comme
enseignante, directrice, inspectrice départementale
et inspectrice coordinatrice de l’enseignement préscolaire au
Département de l’enseignement spécialisé du Conseil national
de l’éducation (1964–1969), ainsi que comme présidente
du Comité du Conseil de l’enfant à Rocha. Elle a assisté
à des réunions, séminaires et congrès nationaux et
internationaux sur la communication, le langage et la
littérature jeunesse. Dans ce dernier domaine, elle possède
une œuvre abondante qui comprend : 1) théâtre
pour enfants : EL BOSQUE ENCANTADOR, LA VIDA DE LAS ABEJAS
(deuxième prix Payasito de Plata, 1973, œuvre incluse dans
« Lecturas Juveniles para España y América », Salamanque,
éd. Anaya, 1967), LAS HOJAS VIAJERAS (ces trois titres dans
« Anales de Instrucción Primaria » en 1958, 1959 et 1960,
respectivement) ; elle a également mis en scène ARLEQUIN QUIJOTE
(Paysandú, théâtre Carlos Brussa, 1981), œuvre réalisée
à la manière de la commedia dell’arte italienne avec
trois personnages (Arlequin, Colombine et Polichinelle)
qui déroulent l’intrigue avec humour et efficacité, et
de nombreuses œuvres représentées lors de fêtes scolaires
entre 1943 et 1981, ainsi qu’EL DUENDE DEL ESCARBADIENTES
(premier prix « Payasito de Plata », 1973) ; 2)
marionnettes : LA ESCOBA DE LA BRUJA (Colonia, Club
Cosmopolita, 1962) et ¿DONDE ESTA PERUCHO? (Montevideo,
théâtre Astral, 1979) ; 3) fiction : plusieurs nouvelles
publiées dans le département de Colonia ; LA COMADREJA
DOÑA VIEJA (deuxième prix de l’A.G.A.D.U. et de l’Institut italien
de la culture, 1981) ; TENGO UNA LUCHA (mention honorable
Page de l’édition source 80
en Espagne, 1982, prix SEREM sur l’intégration
des personnes handicapées dans la société) ; 4) poésie : de nombreux
poèmes publiés dans Anales de Instrucción Primaria et dans
divers journaux et revues du pays ; elle a aussi composé
des poèmes-contes : EL CUENTO DEL VERDE Y ORO, EN UN BARQUITO
DE VELA, LAS DOS MUÑECAS, ainsi qu’un poème mis en scène :
LA LLEGADA DE LA PRIMAVERA. Restent inédits : PARA LEER
Y CONTAR..., TEATRO INFANTIL et CRECER..., délicieux
recueil de poèmes dont nous reproduirons une page.
MARISA BAY a rédigé de nombreux articles sur l’ÉDUCATION
et le DÉVELOPPEMENT PSYCHOPHYSIQUE DE L’ÉLÈVE.
En 1975, au Festival des chœurs d’enfants, elle a obtenu
le deuxième prix et, en 1979, elle a reçu la médaille
du Mérite au concours « Canciones a mi Patria ». Vicente
Ascome a mis en musique son poème AURA PRIMAVERAL... »

***********************

D’un article publié dans le journal « El País » par
Miguel A. Carbajal, nous extrayons :

« MARISA BAY ET SA MOISSON DE SUCCÈS LITTÉRAIRES. —
Elle a remporté le troisième prix du concours de nouvelles
de Punta del Este organisé par “El País” et le Centre
des arts et des lettres. Elle s’appelle MARISA BAY.
D’origine italienne, mais naturalisée uruguayenne,
elle a derrière elle une carrière littéraire marquée
par le succès. Au cours des derniers mois, par une heureuse
coïncidence, assurément justifiée, BAY a accumulé trois
distinctions.

.........................................................

Son dernier succès lui est venu de MEDANOS, une nouvelle
présentée au concours de Punta del Este sous le pseudonyme
“Sombra”, qui raconte l’histoire magique vécue
par une famille se consacrant à planter des pins dans les
sables de Punta à l’époque du légendaire Burnett.
Mais ce ne sont pas les seuls prix obtenus par Marisa
Bay de di Segni (son mari est peintre et sculpteur).
Récente lauréate d’un concours d’écriture de scénarios pour la
Radiodifusión Nacional SODRE, BAY a remporté en 1946 le prix
d’impression du ministère de l’Instruction publique
de l’époque avec LLAMA ENVAINADA.
.........................................................
Page de l’édition source 81
Une nouvelle, BIBI, a remporté le prix d’un concours
organisé par Radio Chuy, dans le département de Rocha.

.........................................................
Le concours de Punta del Este a confirmé une fois encore la
reconnaissance critique dont bénéficie le travail littéraire
de BAY. Un travail que le public pourra apprécier
lorsque paraîtra le volume réunissant les nouvelles primées. »

***********************

Enfin, nous citerons une partie du commentaire que
l’écrivaine Nelly de Perino a consacré à la parution
du recueil de poèmes EL VIENTO DE TODOS LOS OJOS,
de MARISA BAY, éd. Central de Impresiones., 1982,
diffusé sur CX6, station du SOBRE, en août 1983,
dans l’émission hebdomadaire « Hombres, libros y el Archivo de la
Palabra » :

« Ce nouveau livre de MARISA BAY donne la mesure de sa
sensibilité, des traits qui affirment cette recherche dont
naissent les réussites de son activité et où sa voix se déploie
avec amour, imprimant une grâce poétisée, la cadence
des formes métriques variées.
Dans certains de ses poèmes, un air de regret tourne
autour de la parole chargée de sa lumière intérieure, où
l’image et les éléments prennent corps, souplement unis
à ses sensations vibrantes. Dans une clarté objective,
le sentiment qui circule s’attache à la vision descriptive
où le paysage se peint avec la nature elle-même,
car cette poétesse aime la Nature et le langage
poétique y gagne sensiblement en qualité.
C’est sa voix féminine, le temps-vie qui, dans son cours,
émerge avec finesse et tendresse, son cœur s’ouvrant
au choc de l’appel, qui se manifeste avec souplesse
dans l’envol lyrique de la pensée et dans la structure
du sonnet. »

***********************
Page de l’édition source 82
Marisa Bay (Bai à l’origine) continue d’écrire sans relâche. Mariée
en secondes noces à Danilo di Segni, artiste florentin, elle travaille
comme scénariste au S.O.D.R.E. (Servicio Oficial de Difusión Radioeléctrica)
et enseigne des matières liées au langage à l’I.C.C.I.
(Instituto de Capacitación Comercial e Industrial). Elle appartient à
LETRAS FEMENINAS (Asociación de Literatura Femenina Hispánica), à la
F.I.M.N.P. (Federación de Mujeres de Negocios y Profesionales) et au
LION’S International).
Ses enfants : FRANCISCO exerce des activités dans les sciences
biologiques et les communications. ALVARO écrit de la poésie (voir la citation
p. 5), de la musique et du théâtre, avec plusieurs titres publiés. CARLOS est
spécialiste en informatique. ANA INES (NANI) crée des poèmes et des
nouvelles (voir la citation p. 23).
De ses petits-enfants : FABRIZIO, LUIS ANIBAL, PAULA et CARLA,
l’avenir parlera. Et de celles qui sont arrivées ensuite : MAIA et YANIA.
Et aussi de l’arrière-petit-fils né au troisième millénaire,
Juan Manuel.

83—84

Index traduit

Page de l’édition source 83
INDEX

≡Ricordi, profumo del tempo
Souvenirs, parfum du temps .................................. 3
Memoria (It.) ............................................... 4
Mémoire (fr.) ............................................... 5
La mezza lingua ............................................. 6
Langage enfantin ............................................ 7
Il palloncino ............................................... 8
Petit ballon ................................................ 9
Monte Carmelo (It.) ........................................ 10
Monte Carmelo (fr.) ......................................... 11
La cugina .................................................. 12
Cousine ..................................................... 13
Il topolino ................................................ 14
Petite souris ............................................... 15
Il raffreddore ............................................. 16
Rhume ....................................................... 17
Carnevale .................................................. 18
Carnaval .................................................... 19
La bruciatura .............................................. 20
Brûlure ..................................................... 21
Olio di ricino ............................................. 22
Huile de ricin .............................................. 23
La barchetta ............................................... 24
Petite barque ............................................... 25
Montevideo (It.) ........................................... 26
Montevideo (fr.) ............................................ 27
J (It.) .................................................... 28
J (fr.) ..................................................... 29

≡Nostalgia, sospiro dell'alma
Nostalgie, soupir de l’âme .................................. 31
La cartolina ............................................... 32
Carte postale ............................................... 33
Il babbo ................................................... 34
Père ........................................................ 35
Mamma ...................................................... 36
Mère ........................................................ 37
Marulla .................................................... 38
Marula ...................................................... 39
Page de l’édition source 84
INDEX (suite)

≡Rimpianto, lacrima del cuore
Regret, larme du cœur ....................................... 41
Il ciliegio ................................................. 42
Cerisier .................................................... 43
La Croce del Sud ............................................ 44
Croix du Sud ................................................ 45
La conchiglia ............................................... 46
Conque ...................................................... 47
Loano (It.) ................................................. 48
Loano (fr.) ................................................. 49
La Patria (It.) ............................................. 50
Patrie (fr.) ................................................ 51

≡Ritorno, carezza della vita
Retour, caresse de la vie ................................... 53
Mare Nostrum (It.) .......................................... 54
Mare Nostrum (fr.) .......................................... 55
La zia Norma ................................................ 56
Tante Norma ................................................. 57
Il nonno .................................................... 58
Grand-père .................................................. 59
A Piazza Massena, 16 ........................................ 60
Place Massena, 16 ........................................... 61
Torre di Passorino .......................................... 62
Tour de Passorino ........................................... 63
Il dialetto ................................................. 64
Dialecte .................................................... 65
Frà Marcellino .............................................. 66
Frère Marcelino ............................................. 67
Lungo mare .................................................. 68
Au bord de la mer ........................................... 69
Nanni ....................................................... 70
Nani ........................................................ 71

≡Speranza, sorriso dell'avvenire
Espérance, sourire de l’avenir .............................. 73
Chiesa di San Giovanni Battista ............................. 74
Église Saint-Jean-Baptiste .................................. 75
Arrivederci ................................................. 76
À bientôt... ! .............................................. 77
Commentaires ................................................ 79
Index ....................................................... 83